• Stéphanie Sagaspe

Guide vers l'excellence (2/2) : Aider les athlètes à mieux penser et agir à travers cette épreuve

Mis à jour : avr. 7


Précédemment, nous avons traité deux questions essentielles à savoir comment aborder cette situation si unique et hors de notre contrôle puis comment gérer la déception et la frustration dues aux activités annulées. Bon nombre de stratégies ont émergé de ces diverses réflexions.

Aujourd'hui, nous allons aborder deux questions supplémentaires afin de donner un maximum de contenu grâce à des solutions à mettre immédiatement en place.


Sans plus tarder, démarrons avec cette troisième et nouvelle question :


3. Qu’est-ce que les athlètes devraient faire durant cette pause forcée ? Comment est-il possible de continuer à progresser malgré la crise ?



SOLUTION N°1 : TRAVAILLER DES ÉLÉMENTS NÉGLIGÉS PAR LE PASSÉ ET METTRE EN PLACE UN PLAN D’ACTION


Tu vois probablement de quoi je veux parler. Une saison, ça passe vite, il y a très certainement des choses que tu n’as pas eu le temps de travailler, que tu as peut-être négligé, mis de côté alors que tu sais pertinemment que tu dois le faire.

Je veux par exemple parler de ta flexibilité. Tu sais que la souplesse, l’amplitude a de nombreux avantages dans énormément de disciplines mais tu l’as négligé par le passé. Aujourd'hui plus d'excuse, tu as l’occasion de mettre de l’énergie là-dedans et de saisir cette opportunité pour t’améliorer pour que ce soit plus facile à l’avenir mais également d'en profiter pour développer une nouvelle habitude. Car oui, du moment où tu intègres un nouveau travail dans une routine alors cela se transforme en une habitude.


Questions à se poser :

- Qu’est-ce que je peux améliorer sur le plan technique, tactique, physique et mental ?

- Où est-ce que je dois aller mettre plus d’énergie en sachant que ce sont les 4 piliers indispensables à la performance.

- Comment je m’organise ? Quand est-ce que je le planifie ?


L’aspect mental, on le sait et c’est regrettable, est souvent l’aspect le plus souvent négligé. Il sera alors intéressant d’aller peut-être découvrir la méditation, des techniques de respiration, d’aller lire des livres sur la performance, des autobiographies de grands athlètes, de grands performeurs et s’en inspirer, de mettre en place des routines, de faire une introspection sur soi et pourquoi pas de se faire accompagner par un préparateur mental, d’aller chercher un expert. Tu as du temps disponible pour le faire alors oui c’est un investissement en terme de temps, un investissement également sur le plan financier mais en même temps c’est un super investissement à moyen et long terme pour ta carrière sportive. Et pourquoi pas redoubler d’efforts et prendre de l’avance pendant que certains vont se tourner les pouces. Si tu es compétitif comme moi alors tu vas saisir toutes les opportunités pour aller chercher un « extra », un « plus ».

Pour ma part, je profite de cette période pour continuer de me former dans le domaine de la psychologie en performance ainsi que dans les neurosciences afin de t'apporter un maximum de valeur et de qualité. Je mets en place également une routine chaque matin afin d'optimiser ma journée et de la commencer dans les meilleures conditions possibles Pour ce qui est de la routine, je n'ai pas attendu la crise pour la mettre en place, cependant pour toi cela peut être LE moment pour le faire.

SOLUTION N°2 : TROUVER DES FAÇONS CRÉATIVES DE SE PERFECTIONNER


C’est un moment où l’athlète et le staff peuvent réfléchir à d’autres façons de se perfectionner. Selon les disciplines, il y a des calendriers très denses et des volumes de matchs hyper conséquents et donc il y a peut-être très peu de temps durant la saison pour revoir certains éléments techniques. Il est vrai que parfois, on a l’impression que le match sert aussi d’entraînement car, au fil des années, nous avons assisté à un racourcissement conséquent des temps d'entraînement, des périodes "foncières". Cette occasion peut être celle d’avoir un vrai cycle d’entraînement, de travail à la fois de certaines qualités physiques mais aussi de la régénération, un temps où on va pouvoir recharger davantage les batteries. Cela peut être un temps pour stresser l’organisme pour avoir une surcompensation plus tard. Et puis, bien évidemment, sur le plan mental, cognitif, émotionnel, cela peut être un temps où l’on peut faire un bilan de ce que l’on a fait cette saison, ce que l’on peut améliorer et on a plus de temps pour se perfectionner.

Il est impératif de continuer à faire tourner la « roue de la performance » c'est- à-dire les différents aspects techniques tactiques physiques mentaux. Donc maintiens le contact et continue de parler avec ton entraîneur, préparateur physique, préparateur mental, nutritionniste, organise des séances, fais un plan ensemble.

SOLUTION 3 : DÉVELOPPER CET OUTIL SI PUISSANT : L’IMAGERIE MENTALE


L’imagerie mentale n’est pas un outil que tous les athlètes maîtrisent très bien et c’est là encore l’occasion de perfectionner cette habileté. Car oui, c'est une habileté qui s’entraîne, qui s’améliore alors il faut y investir du temps. Comme beaucoup de choses, ça ne vient pas tout seul.

L’imagerie mentale est une habileté qui permet de créer ou reproduire une expérience dans ton esprit en utilisant tous tes sens.

En résumé, il s’agit de reproduire des séquences dans ta tête, c’est de voir des images, de sentir des choses, d’entendre des sons et lorsque tu atteins un bon niveau de perfectionnement avec cette habileté alors le cerveau ne fait pas la différence entre une action réelle ou imaginée.



Donc de répéter des gestes techniques, des mouvements dans ta tête, de te voir en situation de compétition, de te voir gérer des moments importants, tu es quelque part un peu en train de berner ton cerveau car lui ne fait pas la différence donc il emmagasine l’information. La visualisation peut te permettre d’apprendre un mouvement, de corriger un mouvement, de perfectionner un geste, ou une stratégie. La répétition mentale te permet d’augmenter ton niveau de confiance

Peu importe le sport que tu pratiques tu peux « continuer à pratiquer » ton sport dans ta tête.



Exemple joueur de Hockey : tu es attaquant et tu peux te visualiser chaque jour en train de marquer 25 buts de façons différentes et d’être totalement immergé dans cette imagerie pour que ton cerveau emmagasine toutes ces informations. Tout ceci te permet de garder des sensations et te permet de rester connecté à la compétition.

Ça ne sera jamais exactement pareil mais tu peux malgré tout entretenir ces habiletés-là, ou corriger certaines choses.


Aujourd’hui l’excuse : « je n’ai pas le temps » n’est plus valide. Il y a tellement de choses à développer. A toi de rester prêt, actif, se préparer à un retour possible dans les prochaines semaines, prochains mois donc tire avantage de ce temps de cet espace-là que tu as devant toi et pourquoi pas prendre de l’avance sur des adversaires qui eux auront fait le choix de se laisser aller, de décrocher et de prendre ça trop relax. Donc il y a un coup à jouer maintenant à toi de décider si tu veux saisir cette opportunité-là ou pas.


SOLUTION 4 : METTRE SON ENVIRONNEMENT DE HAUTE PERFORMANCE SUR PAUSE


Le sport en compétition, à haut niveau, parfois ça fait mal, on doit encaisser des défaites, des non sélections, des blessures, des entraînements intenses, beaucoup d’athlètes font de nombreux sacrifices et d’efforts pour parvenir à atteindre leurs objectifs. Malheureusement il est bien rare qu’on obtienne un succès immédiat lorsque l’on fait ces sacrifices, ces efforts…

Cette situation de crise peut nous permettre de faire une pause, de récupérer de prendre le repos nécessaire physiquement et mentalement. Les saisons compétitives sont difficiles pour le corps qui est mis à rude épreuve durant de longues semaines enchaînées, pour le mental aussi avec la pression à gérer. Alors pourquoi ne pas prendre cette crise-là pour récupérer et prendre soin de soi, pour reconnecter avec toutes ces choses qu’on sacrifie, qu’on a pas le temps de faire ? Ne gagnerais-tu pas plus à faire une pause, à retrouver de l’énergie, à guérir tes blessures plutôt qu’à pousser ton corps encore et encore et continuer à t’entraîner de façon intense ?

L’importance qu’on met sur l’entraînement ou le nombre d’heures consacré à l’entraînement peut être réduit c’est pourquoi utilisons-le à des fins utiles et productives.


Soyons fier de nous dire dans 5 ou 6 semaines : « je suis heureux d’avoir pris ce temps-là pour faire ces choses-là que je reportais toujours ou que je ne prenais pas le temps de faire »


Il est bon d’utiliser cette crise pour se « retirer » de son sport, rester malgré tout en bonne forme physique mais renouer avec ses autres passions ou activités peut être délaissées ces derniers mois voire années : la lecture d’un bon livre, rejouer de la guitare, passer un coup de fil à un bon ami que tu as négligé et mis de côté car submergé par tes entraînements, tes compétitions, sortir des jeux de société, regarder de bons films, une bonne série, prendre le temps de cuisiner, ou apprendre à cuisiner, écouter de la musique, des podcasts. Il est important de faire toutes ces choses dans la joie, de se créer des conditions propices au plaisir. Voilà une belle façon de s’adapter et de gérer des situations qui sont plus difficiles, des situations de crise comme celle que l'on vit actuellement.


SOLUTION 5 : MISE EN PLACE D’UN JOURNAL DE BORD /CAHIER D’ATHLÈTE


Crée un cahier d’athlète, le rendre beau, attractif qu’il soit prêt à être utilisé à ton retour en compétition, à ton retour dans ton quotidien. Voici un bon moyen également de créer une nouvelle routine productive dans ton quotidien. Ouvrir ce carnet chaque matin et chaque soir pour y noter diverses choses sera très bénéfique.


Mais qu’est-ce que je note sur ce cahier ? Et bien, mes objectifs à courts, moyens et longs termes, les actions que je vais poser au quotidien, mes affirmations qui m’aident à performer, à nourrir la confiance en moi, les pensées utiles et inutiles que j'aies et en faire le tri.

Cela peut être également lorsque j’entends une interview d’un joueur que j’admire, lorsque j’entends quelque chose qui m’inspire alors je le note sur mon cahier. Je note également un bon moment que j’ai vécu dans la journée, ce dont je suis fier d'avoir réalisé, aussi petite soit l'action.

Il existe pleins de façon de faire un journal, et il n’y a pas de bonnes ou mauvaises façons de le faire. L’important est que tu crées quelque chose qui te donne envie de l’ouvrir chaque jour, sois créatif et adapte-le à ta situation. Tu vas l’ajuster en cours de route et il ressemblera vraiment à ce que tu as envie de faire, il sera peut-être plus structuré et orienté vers tes objectifs.


Voici les quelques solutions proposées afin de continuer de progresser malgré la crise. Choisis spontanément ce qui te ressemble, ce qui te fait envie car rappelle toi qu'il n'y a pas de performance sans plaisir. Le plaisir doit être au coeur de chaque activité que tu entreprends.


À présent, nous allons passer à la 4ème et dernière question :


4. Comment éviter de tomber dans l’inaction physique puisqu’il n’y a pas d’entraînement formel ou aucun entraînement d’équipe ?

SOLUTION N°1 : ADAPTER SES ENTRAÎNEMENTS EN FONCTION DU MATÉRIEL QUE L’ON A ET POSER DES QUESTIONS AUX EXPERTS

On va revenir sur l'idée élémentaire de cet article mais la première réponse à cette question sera bien évidemment de rester créatif pour continuer de bouger.

En effet, la première chose à faire sera d'établir l’inventaire du matériel que tu disposes pour pouvoir établir et ajuster tes entraînements.

Te rapprocher de ton préparateur physique pour bâtir un programme et ajuster le contenu des séances. Contacter également ton nutritionniste pour ajuster ton alimentation en fonction de ta nouvelle dépense énergétique. Être en lien avec ton kiné, ton ostéopathe pour la prévention des blessures. Faire un point avec ton préparateur mental pour faire un nouveau point sur ta fixation d'objectifs, et l'éventuel ajustement du plan d'entraînement mental.

SOLUTION N°2 : PARTAGER SES SÉANCES AVEC SES COÉQUIPIERS/ÈRES


La technologie aujourd’hui nous permet de multiples choses notamment le partage de séances, de plans d’entraînement communs avec ses coéquipiers même si nous ne sommes pas au même poste. Ce qui est peut-être une source de motivation supplémentaire car chaque athlète peut suivre le même programme, peuvent en discuter, se challenger, partager des ressentis, des données, des vidéos. Tu peux être tout seul à t’entraîner dans ton garage ou jardin mais tu peux être connecté en direct avec tes coéquipiers ou coéquipières.

Et n’oublions pas que rester actif, continuer de faire des efforts permet de booster le système immunitaire, d’être en meilleure santé donc en ces temps difficiles il est primordial de rester armé pour faire face aux microbes et virus !

SOLUTION N°3 : BÂTIR UNE NOUVELLE ROUTINE ET RESTER DISCIPLINÉ


Chaque athlète a ses propres routines mais elles peuvent actuellement être perturbées. Le plus gros risque serait de tomber dans de mauvaises habitudes. Il est alors essentiel de créer une nouvelle routine adaptée à la situation actuelle. Une routine non pas calée sur le planning des compétitions mais sur le plan d’entraînement élaboré en fonction de cette situation particulière. Maintiens un agenda avec tes plages d’entraînement, tes rendez-vous (skype ou télephone).



On ne le dira jamais assez mais ce qui fait la force des plus grands champions est en premier lieu leur discipline et leur rigueur.


Alors fais en sorte d’avoir une structure, de te fixer des horaires d’entraînement chaque jour, un programme bien établi et de t’y engager fermement. Si tu as besoin de te faire aider pour structurer tout cela alors va chercher un entraîneur personnel.

SOLUTION N°4 : RESPONSABILITÉ ET AUTONOMIE


Je finirai par développer sur deux notions essentielles lorsque l'on est un athlète de haut niveau oU compétiteur averti : la responsabilité et l'autonomie.


Fais tes recherches, trouve les bonnes références, les personnes qui peuvent t’aider. L’entraînement est aujourd’hui accessible partout, tout le temps. Nous disposons d’outils supplémentaires qui permettent l’accessibilité à d’autres formes d’entraînements. Bien sûr le travail de force est plus compliqué car il faut réellement être équipé de poids pour développer cette filière-là mais renseigne-toi sur des salles privées peut être encore ouvertes et règlementées, renseigne-toi auprès d’amis qui ont peut-être du matériel chez eux. Sois capable de trouver des solutions.


Cependant, tout ceci ne sera possible que si tu te responsabilises face à cette situation et non te victimises. Nous subissons tous cette crise, et pourtant TU AS LE CHOIX, le choix de l'affronter en te bougeant, en trouvant des solutions, en adaptant tes entraînements, et tout ceci ne sera possible qu'en adoptant le bon état d'esprit. Un état d'esprit de champion, de compétiteur, de battant, de conquérant, de guerrier.

C'est crise est une opportunité pour toi, l'opportunité d'enfin te prendre en main, d'être autonome face à tes objectifs. Être autonome ne veut pas dire d'être seul, de ne pas être entouré. Cela veut dire de t'approprier ton projet et d'être le seul et l'unique responsable de son atteinte ou non. Et surtout rappelle toi d'une chose :


l'important n'est pas ce que l'on atteint mais la personne que l'on devient à travers nos expériences


Le but d'un rêve n'est pas d'être atteint mais d'enrichir notre vie dans le présent, là, maintenant, alors quel sera ton choix pour devenir la personne que tu as envie de devenir ?



Si cet article t’a plu et que tu penses qu’il peut aider des proches alors n’hésite pas à partager 😉




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